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Fonds national de la recherche scientifique et de l'innovation technologique
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Posté le: 12 mai 2015
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Les questions liées au développement des ressources humaines se sont renforcées dans la problématique de développement du Bénin et se sont progressivement inscrites au rang des contraintes majeures à lever pour améliorer les performances économiques et sociales du pays.

Cette situation s’illustre clairement à travers la faible capacité des administrations publiques et privées à faire face à la conduite du processus du développement national. La question interpelle directement le secteur de l’éducation nationale, etparticulièrement le sous-secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique dont les domaines de compétence couvrent l’étape finale de développement des ressources humaines.

Bien que cette problématique ait été abordée lors de l’élaboration du Plan Décennal de Développement du Secteur de l’Education (PDDSE) en 2003, et que les dispositions aient été prises à ce niveau, l’évolution de l’environnement démographique et économique a rendu nécessaire la révision des bases stratégiques qui fondent les choix opérés au terme de l’élaboration du PDDSE. (référence)

Il est apparu nécessaire de consolider la stratégie de développement de ce sous-secteur afin de mettre en phase les options de développement national avec les évolutions futures au niveau de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. En effet, malgré les trois années d’opérationnalisation du PDDSE, le système d’enseignement supérieur au Bénin tend à passer d’un système «d’élite» à un système « de masse » sans que les conséquences structurelles de cette évolution aient été anticipées.

Le développement du sous-secteur se heurte à des contraintes sérieuses caractérisées notamment par des marges de manœuvre budgétaires quasiment inexistantes (le Bénin consacre déjà une part importante de ses ressources publiques (22%) au secteur de l’éducation).

Cette situation évolue parallèlement à une très forte croissance des effectifs d’étudiants qui va en s’accentuant. Ainsi les effectifs d’étudiants sont passés de 29 000 en 2001-2002 à 66 000 en 2007-2008, y compris les privés. Le graphique ci-après illustre l’évolution des inscriptions des étudiants dans les universités publiques de 2002 à 2012.

img1

Source : annuaire statistique_MESRS (2011-2012)
Cette pression sur les universités publiques est loin de faiblir avec l’évolution des effectifs et des admis au baccalauréat de 2002 à 2012.
Évolution de l’effectif des candidats et d’admis au BAC de 2002 à 2012

img2

Source : DPP (annuaires statistiques et autres rapports)
L’analyse de ces résultats sur cette décade, montre que, malgré un taux d’achèvement faible du secondaire, le secteur éducatif génère en moyenne plus de 18 667 bacheliers par an soit un taux moyen de succès de 33% par an.
Les constats ci-après se dégagent de l’analyse situationnelle du sous-secteur :• En ce qui concerne le cadre réglementaire, on note :

  • l’insuffisance des textes réglementaires et leur faible applicabilité ;
  •  l’inexistence d’un système de planification opérationnelle basé sur la définition d’une stratégie d’ensemble du sous-secteur ;
  •  l’absence d’un mécanisme précis de gestion des flux d’une part, dans une perspective interne au système et, d’autre, part par référence au marché du travail ;
  •  l’absence d’un régime financier propre aux établissements d’enseignement supérieur et de recherche leur garantissant une autonomie suffisante assortie d’une obligation explicite de résultats ;
  •  l’absence d’un cadre de concertation entre le monde universitaire et le marché du travail (industriels, patronat, artisans) ;
  •  l’absence d’un système d’information cohérent et d’une démarche qualité en conformité avec ses missions et ses valeurs ;
  •  l’absence d’un cadre législatif et réglementaire de la formation professionnelle tout au long de la vie et d’un dispositif de requalification des diplômés sans emploi ;
  • la faible capacité institutionnelle, académique et pédagogique des EPES.

• En matière d’accès, l’enseignement supérieur béninois est caractérisé par :

  •  une croissance très rapide des effectifs des étudiants du public (doublement en 5 ans) ;
  • une proportion d’étudiant pour 100 000 habitants qui s’élève à 1.215 largement au-dessus des pays comparateurs et la plus élevée des espaces UEMOA et CEDEAO ;
  • une forte concentration des étudiants sur le Campus de l’Université d’Abomey-Calavi ;
  • un secteur privé fortement dépendant des enseignants des universités publiques ;
  • une installation non coordonnée des établissements privés d’enseignement supérieur (EPES) au nom du libéralisme et de la libre initiative ;
  • une faible attractivité du sous-secteur privé à cause des frais d’écolage parfois prohibitifs et le manque de soutien de l’État.
  • une forte disparité entre garçons et filles;
  • un système d’attribution de bourse ne prenant pas en compte les filières prioritaires et les étudiants à besoins spécifiques et issus des familles à faible revenu ;
  • une faible attractivité de l’enseignement supérieur béninois.

• En matière de pertinence et de qualité de l’enseignement le diagnostic met en évidence les problèmes suivants :

  • le non-respect de la procédure de mise en place des offres de formation dans les universités publiques ;
  • l’absence d’un dispositif institutionnel flexible pouvant permettre l’actualisation des offres de formation et l’adaptation des notes de cours des enseignants aux réalités.
  • la prédominance des formations en lettres, sciences humaines et sociales au détriment des sciences exactes ;
  • le faible niveau d’encadrement ;
  • l’absence de dispositif de formation continue pour assurer le renforcement des capacités pédagogiques des enseignants ;
  • la forte dépendance des étudiants à l’égard des enseignants pour l’acquisition des contenus disciplinaires;
  • le taux élevé d’échec en particulier au premier cycle et les difficultés de réorientation ;
  • les difficultés liées au changement d’université en cours de formation ;

• En matière de promotion des TIC dans l’enseignement supérieur, il convient de rappeler les contraintes ci-après :

  • les contraintes politiques et institutionnelles (absence d’un schéma directeur informatique d’ensemble, faible prise en compte de la question TIC dans les stratégies sectorielles de l’éducation, etc) ;
  • les contraintes relatives à l’accès aux infrastructures technologiques de base et la qualité de l’existant (stabilité de l’électricité sur les campus, accès à la fibre optique ou bande passante de grandes capacités, salles dédiées au réseau local, le caractère hétéroclite et hétérogène des équipements et technologies existants etc.);
  • les contraintes liées au coût d’accès et au fonctionnement du réseau (prise en charge des coûts d’accès aux technologies de base, factures liées au fonctionnement du réseau, coût de maintenance du réseau etc.) ;
  • les contraintes liées à la disponibilité des ressources humaines qualifiées pour prendre en charge l’animation, la gestion et la maintenance du réseau.

• En termes d’efficacité du système, le diagnostic révèle ce qui suit :

  • Une faible efficacité interne du système caractérisé par un taux d’échec massif au premier cycle des facultés.
  • Une faible efficacité externe due principalement aux questions d’adéquation de la formation à l’emploi

• Au niveau des ressources du système les constats se résument ainsi qu’il suit :

  • par rapport au personnel enseignant, on note : i) la faible capacité du système à produire un vivier de jeunes enseignants; ii) le faible niveau de recrutement; iii) la faiblesse du cadre de prévision et de formation des enseignants.
  • un faible financement du sous-secteur du fait du faible marge de manœuvre budgétaire de l’Etat en termes d’allocation inter et intra sectorielle
  • une insuffisance des infrastructures et équipements pédagogiques

• En ce qui concerne les Œuvres sociales et universitaires, le diagnostic révèle qu’en 2009,

  • une forte proportion des dépenses sociales (42% des dépenses courantes de fonctionnement du budget des dépenses du MESRS) ;
  •  un faible taux de couverture des bénéficiaires des œuvres sociales (respectivement pour l’hébergement (5%), la restauration (7%) et le transport (3%)
Posté le: 12 mai 2015
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